Dans un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et la montée des défis technologiques, la compétitivité des nations est devenue un indicateur clé de leur capacité à attirer les investissements et à soutenir une croissance durable. Le dernier classement du Centre mondial de la compétitivité de l’IMD Business School met en lumière les économies les plus performantes de la planète, mais également celles qui se distinguent sur le continent africain.
L’étude évalue la capacité des pays à créer et à maintenir un environnement favorable à la prospérité des entreprises et au bien-être des populations. Elle s’appuie sur plusieurs critères, notamment les performances économiques, l’efficacité des administrations publiques, la qualité des infrastructures et l’environnement des affaires.
Comme lors des précédentes éditions, l’Île Maurice confirme sa position de leader africain. L’archipel bénéficie d’institutions stables, d’un système financier développé, d’une fiscalité attractive et d’un environnement réglementaire favorable aux investisseurs.
La diversification de son économie, autrefois largement dépendante du sucre, lui a permis de développer des secteurs à forte valeur ajoutée tels que les services financiers, les technologies de l’information, le tourisme haut de gamme et les activités offshore.
L’Afrique du Sud conserve sa place parmi les économies les plus compétitives du continent grâce à la sophistication de son système financier, à la profondeur de son marché intérieur et à la qualité de certaines de ses infrastructures.
Malgré des défis persistants liés au chômage, aux inégalités sociales et aux difficultés du secteur énergétique, le pays demeure l’une des principales destinations des investissements en Afrique.
Le Botswana continue également de faire figure de modèle. Grâce à une gouvernance reconnue, une gestion rigoureuse de ses ressources minières et une stabilité politique remarquable, le pays affiche des performances solides dans plusieurs indicateurs de compétitivité.
L’Égypte et le Maroc poursuivent leur progression grâce à d’importants investissements dans les infrastructures, l’industrie et les zones économiques spécialisées.
Le Maroc, notamment, s’est imposé comme une plateforme industrielle de premier plan en Afrique, notamment dans les secteurs automobile, aéronautique et logistique. Quant à l’Égypte, elle bénéficie de son vaste marché intérieur et de sa position stratégique entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient.
L’un des principaux enseignements du rapport est que les ressources naturelles ne suffisent plus à garantir la performance économique. Les pays les mieux classés sont ceux qui investissent dans l’éducation, l’innovation, la transformation numérique et la qualité de leurs institutions.
L’amélioration du climat des affaires, la transparence administrative et la capacité à attirer les talents sont devenues des facteurs déterminants dans la compétition mondiale.
Pour plusieurs économies ouest-africaines, notamment la Guinée, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, le défi consiste désormais à transformer leur forte croissance économique en gains durables de compétitivité.
Les experts estiment que cela passe par la modernisation des infrastructures, le renforcement de l’État de droit, la digitalisation de l’administration, l’amélioration de la formation professionnelle et le soutien à l’innovation.
Alors que les capitaux internationaux deviennent de plus en plus sélectifs, la compétitivité apparaît comme l’un des principaux leviers de développement. Les pays africains les mieux classés démontrent qu’au-delà des richesses du sous-sol, ce sont désormais la qualité des institutions, l’efficacité des politiques publiques et la capacité d’innovation qui font la différence.
Pour le continent, l’enjeu est de taille : convertir son potentiel démographique et ses ressources abondantes en véritables avantages compétitifs capables de soutenir une croissance inclusive et durable dans les décennies à venir.
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