La République démocratique du Congo (RDC) a franchi une nouvelle étape dans son bras de fer avec le Rwanda en saisissant officiellement la Cour internationale de justice (CIJ).
Déposée à La Haye, cette requête vise à faire reconnaître la responsabilité internationale de Kigali pour les violences qui secouent l’est du Congo depuis plus de trois décennies.
Dans son recours, Kinshasa accuse le Rwanda de violations graves de plusieurs conventions internationales, notamment celles relatives à la prévention du génocide, à l’élimination des discriminations raciales, aux droits des femmes et à la lutte contre la torture. Les autorités congolaises estiment que le soutien présumé de Kigali à des groupes armés opérant dans l’est du pays, en particulier le M23, est à l’origine de massacres, de déplacements massifs de populations, de violences sexuelles et d’autres exactions commises contre les civils.
À travers cette procédure, la RDC demande à la CIJ d’ordonner la cessation des actes qu’elle juge contraires au droit international, d’exiger des garanties de non-répétition et d’accorder des réparations aux victimes ainsi qu’à l’État congolais. Il s’agit de la troisième tentative de Kinshasa devant la plus haute juridiction des Nations unies, les deux précédentes ayant été rejetées pour des questions de compétence.
Cette initiative judiciaire intervient dans un contexte de fortes tensions régionales, malgré les efforts diplomatiques engagés ces derniers mois pour parvenir à un accord de paix durable. Kigali continue de rejeter les accusations de soutien au M23, tandis que plusieurs rapports d’experts des Nations unies évoquent l’implication de forces rwandaises dans le conflit.
Au-delà de son enjeu juridique, cette saisine illustre la volonté de Kinshasa de compléter les volets militaire et diplomatique par une offensive judiciaire internationale afin d’obtenir la reconnaissance des préjudices subis dans l’est du pays.
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